Mauritanie : les premières difficultés financières de Ould Ghazouani

lun, 08/26/2019 - 13:55

Au moment où le gouvernement de Ould Cheik Sidya fait des pieds et des mains pour mettre en œuvre le programme du président, les observateurs sont perplexes face aux emprunts financiers du chef de l’exécutif. 

Des emprunts qui font polémique parce qu’ils remontent une semaine seulement après l’investiture du président mauritanien qui avait fait appel aux banques commerciales pour un montant de plus de 13 milliards d’ancienne ouguiya et un autre prêt de la banque d’Import-Export de Chine estimé à plus de 3 milliards de nouvelle monnaie.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le premier gouvernement de Ould Cheikh Sidya qui aurait certainement préféré puiser sur les propres fonds du trésor public. Au total et pour deux semaines d’existence plus de 43 milliards d’ancienne monnaie à rembourser. Pas encourageant pour faire face aux défis titanesques sur l’emploi, la sécheresse, la fracture sociale. 

Dans ces conditions de démarrage, la promesse des 20 milliards pour la création d’une agence nationale d’inclusion sociale pourrait être compromise. A moins encore de s’endetter davantage.

De même les réformes de l’éducation nationale et le redressement des sociétés d’Etat en faillite pourraient être remis aux calendes grecques. Après avoir vidé les caisses de l’Etat l’ancien président Ould Aziz laisse une ardoise de plus de 5 millions de dollars. L’opposition demande des enquêtes sur ces malversations.

Les observateurs s’interrogent sur ce silence au plus haut sommet de l’Etat synonyme de complicité et redoutent dès maintenant des perspectives d’un plan d’austérité imposé par les gendarmes financiers le FMI et la Banque mondiale. 

Les mauritaniens ne font plus confiance à une nouvelle monnaie qui déclenche une inflation galopante et impacte sur les ménages les plus modestes. Ces premières difficultés de trésorerie du gouvernement risquent également d’impacter sur les entreprises notamment d’import-Export.

 

 

Cherif Kane
 

 

 

Source - Kassataya – via Cridem