Le retour de Bouteflika en Algérie

lun, 03/11/2019 - 10:19

Un avion transportant le président algérien Abdelaziz Bouteflika, a atterri dimanche près d'Alger, selon les médias officiels.

Le dirigeant nord-africain de 82 ans a passé deux semaines dans un hôpital de Genève. Depuis qu'il a eu un AVC en 2013, il a rarement été vu en public.

L'avion du président s'est envolé pour la ville suisse dimanche avant de retourner vide à l'aéroport militaire de Boufarik.

La chaîne privée Ennahar TV a indiqué que l'avion qui avait atterri à l'aéroport militaire de Boufarik au départ de Genève ramenait le président Bouteflika mais la chaîne n'a diffusé aucune image du vol.

Au lieu de cela, Ennahar TV a diffusé une carte aérienne virtuelle en direct qui montrait l'avion approchant de la province de Blida, où l'aéroport est situé.

La présidence algérienne a confirmé par la suite le retour de M. Bouteflika après deux semaines de "contrôles médicaux périodiques" en Suisse, a rapporté la presse nationale APS.

L'avion photographié dimanche à l'aéroport de Cointrin, à Genève, serait le même que celui qui l'a survolé le 24 février.

La chaîne de télévision Al Arabiya Hadath TV a signalé que des forces de sécurité avaient été déployées entre l'aéroport d'Alger et la résidence présidentielle de Zeralda, juste en dehors de la capitale Alger.

 

Le cabinet de M. Bouteflika avait auparavant insisté sur le fait qu'il se rendait simplement à Genève pour des examens de santé de routine, mais cela a donné à penser que son état était beaucoup plus grave.

 

La colère du peuple

L'annonce par M. Bouteflika de sa candidature le mois prochain a suscité d'énormes protestations dans toute l'Algérie.

Ces manifestations, qui ont vu la participation de dizaines de milliers de personnes, représenteraient la plus grande menace à ce jour pour les 20 ans de règne de M. Bouteflika.

Les enseignants et leurs étudiants se sont mis en grève dans plusieurs universités, et des milliers de personnes ont participé aux manifestations de dimanche.

ompterait plus de 1,7 million d'étudiants. Plus d'un tiers d'entre eux vivent sur le campus, mais beaucoup d'autres parcourent de longues distances, depuis leur domicile familial, pour rallier les amphithéâtres.

Des milliers d'étudiants se sont déversés dans les rues d'Alger, agitant le drapeau algérien et scandant : "Bouteflika, il n'y aura pas de cinquième mandat."

 

De nombreux magasins de la ville ont été fermés, et Reuters rapporte que les services ferroviaires ont été suspendus.

 

Les manifestations étudiantes font suite aux manifestations du vendredi qui ont vu la participation de dizaines de milliers de personnes - peut-être les plus grandes manifestations de la capitale depuis 28 ans.

Vendredi, la police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes pour empêcher les groupes pour la plupart pacifiques d'atteindre une route menant au palais présidentiel.

Quelque 190 personnes auraient été arrêtées par les forces de sécurité selon des médias locaux.

Face à la colère de la rue, M. Bouteflika a publié une déclaration dans laquelle il indiquait qu'il se retirerait plus tôt s'il était réélu, mais cela n'a pas apaisé les manifestants.

Beaucoup de jeunes Algériens sont frustrés par le manque d'opportunités économiques et par ce qu'ils perçoivent comme la corruption d'une élite qui gouverne le pays depuis son indépendance.

 

 

BBC