AHMED OULD MOHAMED : LA CHASSE À L’HOMME… QU’IL FAUT

mer, 02/13/2019 - 00:51

Le parti TEWASSOUL, vient de nommer, pour la deuxième fois consécutive, un leader de l‘opposition démocratique. Pour cette fois, l’homme choisi, Brahim Ould Bekay, n’est pas n’importe qui.
Il est issu des Adwabas du Brakna, berceau traditionnel de l’oppression, de la misère et de l’injustice sociale, dont étaient victimes les descendants d’esclaves, dans cette partie du Sud-Est de la Mauritanie. 
C’est dans ce moule que l’homme a été pétri, avec de lointains échos (Brahim était à peine né) des appels au ‘soulèvement de la paysannerie’, que diffusait la guitare de Mohamed Cheyn, chantant les poèmes de certains, Ahmedou, Bedr, Naji, Isselmou, Abderrahmane, Cheddad, et d’autres, qui ont rendu célèbres les luttes des ‘damnés’ de Magtaa Lehjar, Maal, Djounabe et d’autres localités, où les descendants d’esclaves constituaient les ‘seuls moyens de production’ des féodalités locales.
Même si le nouveau leader de l’opposition démocratique, n’a pas vécu pleinement cette période, il a dû en téter une bonne dose grâce au sein de sa maman et aux anecdotes qui se racontaient le soir, autour du feu, quand les ‘maîtres’ dormaient de leur sommeil immérité.
Et ce n’est pas un hasard, si le nouveau leader, s’était vite mis à l’école du mouvement El Hor, cette espèce de ‘Nahdha’, version Haratines, qui a donné à ses militants la culture politique et le sens de la responsabilité nationale, qui en font aujourd’hui l’une des meilleures références pour l’émancipation des couches laborieuses les plus défavorisées.
Le grand ‘cadeau’, qui n’est en fait qu’un retour d’ascenseur, que TAWASSOUL vient de faire à Brahim, n’est pas de l’avoir promu à cette fonction, à la fois honorifique et difficile à assumer, mais c’est surtout de lui donner l’opportunité de porter le discours des ‘siens’, dans leurs bleds, souvent oubliés et toujours défavorisés, mais aussi à toutes les composantes de l’opposition démocratique qu’il incarne désormais vis-à-vis du système et vis-à-vis de tout le pays.
Un discours constructif, appelant à l’unité de l’opposition, mais aussi de toutes les communautés du pays, où la démocratie et le développement devront prendre une grande part.
Et ce n’est pas, non plus, sans symboles, des temps nouveaux, que si les deux premiers leaders de l’opposition étaient descendants de… féodaux, portés par leurs partis, le troisième soit un descendant d’…esclaves, porté par son combat politique.

Ahmed Ould Mohamed

 

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