Le mouvement des gilets jaunes essaime au-delà des frontières de la France

mar, 12/04/2018 - 02:39

Le mouvement des gilets jaunes a essaimé au-delà des frontières de la France, en particulier en Belgique où la mobilisation a démarré il y a une quinzaine de jours. Pourquoi les gilets jaunes belges manifestent-ils ? Éclairages.

Comme en France, le mouvement est parti de la hausse du prix des carburants. Le prix maximum du gasoil est actuellement de 1€55 dans le royaume. Il a augmenté de 15% en un an. Les autorités disaient vouloir réduire le nombre de véhicules diesel. Mais le prix du carburant n’est qu’un aspect d’une grogne beaucoup plus large.

Les gilets jaunes belges dénoncent un fardeau fiscal qui ne cesse d’augmenter. Des taxes trop élevées sur l’électricité, sur l’eau, sur l’achat d’un bien immobilier, disent-ils. La Belgique arrive en deuxième position, juste derrière la France, dans le classement des pays qui ont la pression fiscale la plus forte. Par pression fiscale, comprenez la part prélevée par l’Etat sur l’ensemble de la richesse, en impôt sur le revenu, en TVA, etc. 

Similitudes entre la France et la Belgique

La contestation n’a pas atteint le nord du pays. Pas de gilets jaunes en Flandre. Le prix des carburants et le niveau de taxation sont pourtant les mêmes dans l’ensemble du royaume. L'explication ? Il y a d’abord une plus grande proximité des Wallons avec la France. Ensuite, il faut rappeler que les Flamands sont plus nombreux à prendre leur vélo et les transports en commun, et sont donc peut-être moins affectés par la hausse du prix des carburants. Enfin, le revenu moyen par an en région flamande est supérieur à celui en région wallonne. Le pouvoir d’achat des Flamands reste donc plus élevé que celui des Wallons.

Des débordements comme en France

Au début, les gilets jaunes ont bloqué des raffineries, des dépôts de carburant, en Wallonie donc. Une nuit, il y a eu des actions violentes, en marge des blocages: des poids lourds pillés et un camion-citerne incendié. Mais il y a trois jours, la tension est encore montée d’un cran. Le tout premier rassemblement organisé dans la capitale, pacifique au départ, s’est terminé par des débordements. Jets de projectiles contre la police, usage par les forces de l’ordre de gaz lacrymogène et de canon à eau, véhicules de police renversés sur le flanc et incendiés. Quatre-vingt-deux personnes ont été arrêtées et le Premier ministre belge Charles Michela tweeté ceci : « les pilleurs et les casseurs seront sanctionnés ».

De notre correspondante à Bruxelles, Joana Hostein. 

RFI