Energie: Macron ne veut pas d'une «France à deux vitesses»

mar, 11/27/2018 - 13:08

 « Nous devons entendre les protestations d'alarme sociale » mais « sans renoncer à nos responsabilités » car « il y a aussi une alarme environnementale », a estimé ce mardi Emmanuel Macron lors de la présentation de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

Fin du monde ou fin du mois, « nous allons traiter les deux », a assuré ce mardi le président de la République.

Evoquant le mouvement des « gilets jaunes », qui a « donné lieu à des manifestations importantes et aussi à des violences inacceptables », Emmanuel Macron a souligné ce mardi ne pas « confondre » les casseurs avec « la manifestation sur laquelle ils se sont greffés ».

« Mais je ne céderai rien à ceux qui veulent la destruction et le désordre, car la République, c'est à la fois l'ordre public et la libre expression des opinions », a-t-il insisté.

A propos de la transition énergétique, il a estimé qu'elle ne doit pas se faire à « n'importe quel prix ». « Je refuse que s'installe une France à deux vitesses », a-t-il souligné à cet égard. Car, a-t-il jugé, « ceux qui disent que ce sont, au fond, toujours les mêmes qui font les efforts », « ont raison ».

Grande concertation

Le président a annoncé mardi une « grande concertation de terrain » sur la transition écologique et sociale, qui doit permettre « dans les trois mois qui viennent » de répondre à la colère des « gilets jaunes » en élaborant des « solutions », des « méthodes d'accompagnement ».

Pour le chef de l'Etat, qui entend changer de « méthode » mais pas de cap sur la fiscalité des carburants, cette concertation devra être déclinée sur tout le territoire et réunir associations, élus, et « représentants des "gilets jaunes" », notamment. Des représentants qui devraient d'ailleurs être reçus par le ministre de l'Ecologie François de Rugy ce mardi après-midi.

Coup de pouce aux énergies renouvelables

Toujours ce mardi, Emmanuel Macron a déclaré que le soutien au développement des énergies renouvelables allait passer de 5 milliards actuellement « à 7 à 8 milliards d'euros par an », évoquant un triplement de l'éolien terrestre et une multiplication par cinq du photovoltaïque d'ici 2030.

L'exécutif veut aussi fermer 14 des 58 réacteurs nucléaires français d'ici 2035, dont 4 à 6 d'ici 2030 en plus des deux de la centrale de Fessenheim qui fermeront « à l'été 2020 ».

Aucune décision ne sera prise dans l'immédiat sur la construction de réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR supplémentaires. La France attendra au moins 2021, a annoncé mardi le président Emmanuel Macron.

Rfi (Avec AFP)