Calamités : Un Etat n’a pas d’amis….

jeu, 10/25/2018 - 18:29

Après treize jours de tergiversations et de contradictions, le Royaume d’Arabie saoudite a finalement reconnu l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans l’enceinte de son consulat d’Istanbul

Mais ce n’est qu’après avoir assimilé sa tablette que les États-Unis ont ânonné, via leur ministre des Affaires étrangères, Mike Pompéo que l’État saoudien avouait ce qui restera, dans l’histoire contemporaine, comme un des actes les plus barbares, dans le sinistre registre des exécutions extrajudiciaires. 

La version d’une bagarre qui aurait conduit au décès du journaliste est tout simplement ridicule. Surtout qu’il y a encore quelques jours, le consul d’Arabie saoudite affirmait que Khashoggi était bien sorti de leur représentation consulaire, après avoir accompli des formalités administratives. Une autre version parle de mort par strangulation. 

Mais au bout du compte et malgré la sauvagerie et la bestialité de cet acte ignoble, il aurait au moins servi à démontrer combien cette fameuse Communauté internationale et les grands États qui la manipulent n’est fondée que sur une honteuse logique d’intérêts que les uns et les autres négocient secrètement, pendant que les récriminations et les condamnations mises en scène assourdissent les horizons, envahissant les media et les réseaux sociaux. 

Le refus des hauts responsables de pays ou d’institutions internationales de participer à une réunion en Arabie saoudite ne signifie absolument rien. Pour les États-Unis et leur Trompette, la mort de Jamal Khashoggi constitue un événement providentiel qui va leur permettre d’engranger des centaines de milliards additionnels, en sus des montants phénoménaux payés, rubis sur ongles, dans le cadre d’accords de vente d’armes aux responsables de l’assassinat du journaliste, promus, comme par enchantement, enquêteurs en chef de ses tenants et aboutissants. 

Les services de renseignements américains ne sont certainement pas étrangers, par Département d’État interposé, à la fameuse et ridicule version de la bagarre. Une thèse qui fait son petit bout de chemin et que chacune des grandes puissances « comprendra » proportionnellement au degré de négociations secrètes consenti, par l’Arabie saoudite, sur le corps en lambeaux du pauvre journaliste Jamal Khashoggi, pur produit, pourtant, du sérail royal qu’il servait de l’intérieur après avoir voulu le redresser, de l’extérieur.

Seules les âmes puériles ignorent que les intérêts des nations ont toujours supplanté les droits de l’homme et la morale. Les principes démocratiques, conventions, chartes, traités et autres droits internationaux, valeurs morales, n’engagent que ceux qui y croient. L’affaire Khashoggi en est une preuve éloquente.

Quelques semaines de matraque médiatique et l’on en parlera plus. Même si le contexte fluctue, les intérêts des pays sont toujours à la base des coups d’État, par exemple, de la protection, à peine voilée, des prédateurs internationaux ou des mauvais gouvernants qui pillent leurs pays, via bien mal acquis et paradis fiscaux. 

Les gros pays sont les faiseurs des rois. Les promoteurs, parrains et protecteurs de ces torpilleurs de processus démocratiques, assassins et violeurs tout terrain des législations nationales et internationales.

En contrepartie, ces malfaiteurs reversent, par contrats juteux et commissions occultes, les dividendes des ressources nationales, aux pays qui les maintiennent dans leurs arlequinades, au détriment de leur peuple qui souffre de maladies, sous-développement, manque d’éducation et dénuement. 

Qu’est-ce que cela fait, à la France, que la Mauritanie organise une élection présidentielle transparente, au cours de laquelle les Mauritaniens choisiront librement leur président véritablement bien élu ? Autant aller au Cameroun où l’enjeu est certainement plus intéressant et faire avaler, aux Camerounais, toutes sortes de couleuvres, en leur imposant un octogénaire « solvable et généreux »,pour un septième mandat et coulée douce, avec ses valets et maîtresses, dans les hôtels de luxe parisiens.

El Kory Sneiba 

Le Calame