Khalifa Sall révoqué de ses fonctions de maire de Dakar par décret présidentiel

sam, 09/01/2018 - 08:49

Le président sénégalais Macky Sall a été révoqué de ses fonctions le maire de Dakar, Khalifa Sall, condamné en appel à cinq ans de prison pour escroquerie sur les deniers publics.

Khalifa Sall n'est plus maire de Dakar. Il vient d’être révoqué de ses fonctions par décret présidentiel. Cette décision tombe 24 heures après la confirmation par la Cour d’appel de sa condamnation en première instance à cinq ans de prison ferme et 5 millions de FCFA d’amende.

Dans l’entourage de Khalifa Sall, la décision a fait l’effet d’un coup de massue. Dans son clan, personne ne s’y préparait. Son conseiller politique Moussa Taye refuse pour le moment de s’exprimer, encore sous le choc d’une telle mesure.

Ses avocats estiment en revanche que ce décret présidentiel est « illégal », que c’est « une bavure » car la condamnation du maire de Dakar n’est pas définitive. Il reste encore le pourvoi en cassation. Le camp de l'opposant, lui, dénonce une décision politique et se dit choqué que cette révocation ait pu intervenir avant même la fin de la procédure devant les tribunaux.

Pour maître Ciré Cledor Ly, l'un des avocats de Khalifa Sall, c'est la preuve de l'absence d'indépendance de la justice : « Si le décret a été signé ce matin et en même temps publié, cela veut dire qu'il a été peaufiné, préparé, corrigé, écrit, et en fait il n'y avait que la date qui a été apposée. Parce qu'on ne peut pas comprendre comment la cour d'appel a pu rendre une décision après les secrets d'un délibéré et qu'immédiatement, un président de la République, qui n'a même pas encore l'arrêt parce que l'arrêt n'est pas encore délivré, puisse viser cette décision. Cela veut dire que la justice est arrimée aux basques du pouvoir exécutif. »

« Le résultat de leurs propres actes » pour Seydou Guèye

La révocation de Khalifa Sall par les autorités s'appuie sur une disposition du code général des collectivités territoriales qui prévoit une telle mesure en cas de condamnation pour « faux en écritures publiques » et « utilisation des deniers publics de la commune à des fins personnelles ou privées ».

Pour Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement, cette sanction administrative est donc la suite logique de la condamnation de Khalifa Sall pour la gestion financière la ville de Dakar :

Ce que disent les textes, c'est qu'une condamnation simple d'un maire ou d'un adjoint suffit pour provoquer sa révocation ou sa suspension [...] A la différence d'un député, qui pour être radié de la liste des députés a besoin que sa condamnation soit définitive. Donc en terme clair, le maire de Dakar Khalifa Sall a été révoqué mais il reste député.

Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement

 

Rfi