PERQUISITIONS DU 14 MAI 2018 DANS LES ENTREPRISES DE BOUAMATOU

mer, 05/16/2018 - 10:30

L’étau judiciaire et fiscal semble se resserrer de plus en plus autour de l’homme d’affaires mauritanien Mohamed Ould Bouamatou. Sur commission du juge d’instruction charge de son dossier, le 14 mai 2018, des perquisitions ont été organisées dans certaines de ses entreprises. On peut citer la holding BSA, la société de produits alimentaires COPRAL, la banque GBM, les assurances AGM. Des domiciles ont aussi été perquisitionnés. Il s’agit de celui de l’homme d’affaires et de ceux de deux de ses proches collaborateurs, Mohamed Ould Debagh et Melainine Ramdane.

Nul n’ignore les soupçons de fraude qui pèsent sur l’homme d’affaires et qui ont conduit au dépôt d’une plainte en bonne et due forme par le parquet, plainte qui a débouché sur les perquisitions du lundi 14 mai 2018. Le faisceau de soupçons qui pèse sur les affaires de Bouamatou n’est plus un secret pour personne. La presse internationale s’en est fait l’écho et divers services de renseignements des pays occidentaux s’intéressent depuis des années au parcours peu banal de l’homme.

Depuis quelques temps, on sent que le camp Bouamatou est en effervescence. Au lieu de se poser des questions que tout le monde se pose sur la limpidité de ses affaires, au lieu de répondre à la justice de son pays, il a choisi l’exil. Ensuite il a décidé de faire courir le bruit que le président mauritanien Aziz voulait sa perte. Croyant s’en prendre à celui qu’il considère désormais comme son ennemi juré, alors qu’in fine sa seule victime risquerait d’être la Mauritanie et les Mauritaniens, il s’est offert les services de l’avocat William Bourdon. En plus de la défense qu’il assure à son client, le Français est venu avec le renfort très efficace de l’armada justicière de l’ONG Sherpa qui traque les malversations financières et dont Bouamatou est opportunément devenu le mécène, comme l’atteste certains échanges de courriers sans équivoque entre les deux hommes. Les nouveaux amis ne semblent nullement gênés par le mélange de genres et les risques non négligeables de conflits d’intérêts. Alors, l’ONG Sherpa s’est mise à pondre des rapports au vitriol contre le pays du président Aziz, interpellant les bailleurs de fonds pour qu’ils regardent désormais par deux fois avant d’apporter leur soutien à la Mauritanie. Mais ces péripéties ne semblent pas avoir rassuré le camp de Bouamlatou. Il y a comme panique à bord.

On se souvient d’une scène qui s’est déroulée au printemps dernier et que la presse avait alors décrite comme «digne d’un film au scénario d’abracadabrantesque ». Un proche collaborateur de Bouamatou – il s’agit de Mohamed Ould Debagh – est interpellé par les douaniers à la frontière avec le Sénégal, alors qu’il tente de quitter le pays. L’homme parvient à s’enfuir à pied en abandonnant sa voiture. À l’intérieur, les gendarmes mauritaniens feront main basse sur un butin de première importance pour l’enquête judiciaire : deux ordinateurs, quatre téléphones portables et de nombreux documents. Ainsi, des milliers de courriels sont saisis.

On peut aisément imaginer qu’après une année de décryptage, les documents ont livré leurs secrets, produisant assez de preuves pour justifier les différentes perquisitions. On n’est certainement pas au bout de l’écheveau. On se demande si devant des preuves irréfutables, la haine supposée d’Aziz contre l’homme d’affaires, continuera à être avancée comme ligne de défense.
AFRIACTUEL