Le prince héritier d’Arabie saoudite considère qu’Israël a le "droit" à un territoire

mer, 04/04/2018 - 00:48

 Mohammed ben Salmane montre un nouveau signe de rapprochement avec l’Etat hébreu, alors que l’Arabie Saoudite ne reconnaît pas l’existence Israël. Le réchauffement des relations entre l’Arabie Saoudite et Israël est acté. 

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a estimé, lundi 2 avril, auprès du mensuel américain "The Atlantic" que les Israéliens, tout comme les Palestiniens, ont le droit de vivre "en paix sur leur propre territoire". "Nous devons avoir un accord […] pour assurer la stabilité pour tous", a-t-il ajouté, dans l’interview réalisée avant les récentes tensions dans la bande de Gaza

"Notre pays n’a pas de problèmes avec les juifs"

Les déclarations de celui qui est surnommé "MBS" marquent un tournant dans la politique étrangère de son pays envers Israël. Actuellement en visite officielle aux Etats-Unis, le jeune prince de 32 ans explique par ailleurs que les seules "inquiétudes religieuses" des Saoudiens concernent le sort de l'esplanade des mosquées à Jérusalem-Est, annexée par Israël, qui est le troisième lieu saint de l'islam, et "les droits des Palestiniens".

Condition féminine, éducation, Iran... MBS vante ses réformes en Arabie Saoudite""Notre pays n'a pas de problèmes avec les Juifs", insiste le jeune prince, âgé de 32 ans."

L’Arabie Saoudite, qui abrite plusieurs lieux saints de l’Islam, ne reconnait cependant pas l’Etat hébreu. Le pays demande depuis des années le retrait israélien des territoires occupés depuis la guerre des Six-Jours, en 1967. Zones que les Palestiniens revendiquent pour leur propre Etat.

Les tensions entre Riyad et Téhéran semblent rapprocher MBS et Benjamin Netanyahou. Ce dernier a récemment présenté son pays comme "l’indispensable allié" des pays arabes opposé à l’Iran chiite. 

Des relations diplomatiques ambivalentes

""Nous partageons beaucoup d’intérêts avec Israël. S’il y a la paix, il y aurait également beaucoup d’intérêts entre [l’Etat hébreu] et les pays du Conseil de Coopération du Golfe, comme l’Egypte et la Jordanie", a confirmé le nouvel homme fort de Riyad."

En mars, l’Arabie Saoudite a ouvert son espace aérien pour la première fois à un vol commercial vers Israël, après deux années de négociations. Mais Riyad a par ailleurs condamné la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël

Arabie saoudite : Mohammed Ben Salmane, l'Arabe du futur ? ""[Le royaume] a déjà mis en garde contre les graves conséquences que peut avoir cette décision injustifiée et irresponsable", avait alors souligné le communiqué du Palais royal de Ryad."

D’après Reuters, le pays serait embarqué aux côtés des Etats-Unis dans un plan de paix israélo-palestinien, encore dans ses premières phases de développement. 

 

L'Obs - (Avec AFP et Reuters)