Mauritanie-Sénégal : Seck cogne Sall qualifié d’être « sous-préfet de Ould Abdel Aziz »

dim, 03/18/2018 - 20:26

L’ancien Premier ministre sénégalais et président du parti du Rewmi (opposition) Idrissa Seck  s’est insurgé contre les concessions accordées par le président Macky SALL dans le nouvel accord de pêche qui sera signé avec la Mauritanie,  à Nouakchott le 9 février dernier.
 En visite cette  fin de semaine  au quartier Guet-Ndar à Saint-Louis, le président de « Rewmi » a dénoncé notamment « le manque de fermeté » de Macky Sall, en marquant son soutien aux populations de la Langue de Barbarie tourmentées par les dernières houles dangereuses.
 « Lorsque le président Macky Sall  était en Mauritanie, il a répété en insistant qu’il fallait respecter la souveraineté, les lois et règlements de ce pays, comme s’il était devenu sous-préfet du Président Ould Abdel Aziz », a-t-il déclaré. «  Je me suis demandé s’il était venu négocier un accord ou se dire qu’il se soumettait à son hôte », s’est-il interrogé.
 Très en verve,  Idrissa Seck  estime que le débarquement à Ndiago, inscrit dans le projet de nouvel accord, est à l’antipode des intérêts des pêcheurs de Guet-Ndar.
 « Il est vrai qu’un climat de concorde doit nous lier avec nos voisins de la Mauritanie. Mais la vérité et la sauvegarde des intérêts des deux parties sont les socles de la paix », a-t-il ajouté.
 Au final, le futur accord arrange bien la Mauritanie qui va en profiter pour se doter d'une route et d'un quai moderne pour des conditions optimales d'exploitation et de gestion de la pêche artisanale. Un des meilleurs moyens de jouer les négociations également sur l'octroi des licences de pêche. Idrissa Seck est révolté contre l'attitude de son président qui n'est pas arrivé à convaincre son homologue mauritanien sur les mêmes conditions préférentielles de l'accord sur la transhumance du bétail mauritanien. Poursuivant, il a indiqué qu’au vu de l’introduction des troupeaux de chameaux et de bœufs au Sénégal par les éleveurs mauritaniens, des « conditions préférentielles » devraient être accordées aux pêcheurs de la Langue de Barbarie.
Ce n’est pas la première fois qu’Idrissa Seck s’en prend ouvertement au président Sall sur la gestion des dossiers sénégalo-mauritaniens. En effet, le leader de Rewmi avait en février dernier, demandé  au chef de l’Etat sénégalais de publier sans délai l’accord bilatéral sur le gaz signé avec le Président Aziz de la Mauritanie.
Selon Seck, « le contexte de la signature de cet Accord, n’a pas été serein. En effet, la signature de cet important accord bilatéral s’est faite dans la précipitation, dans l’urgence et dans l’émotion. Un accord bilatéral de cette complexité exige une préparation et un processus de décision minutieux ».
Macky Sall ne s’est pas fait prier pour répondre à Idrissa Seck, « c’est méconnaître les mécanismes de l’organisation de l’Etat que de penser qu’un accord signé entre deux Etats puisse être gardé secret.
Ces accords doivent être ratifiés par l’Assemblée nationale, avant d’être promulgués par le président de la République. Cet accord sera présenté en Conseil des ministres qui va l’adopter prochainement. Et le président va l’envoyer au parlement où il y a les représentants du peuple. Il y aura un débat entre les parlementaires et le gouvernement représenté par le ministre des Affaires étrangères. Ce dernier va répondre aux questions des députés et expliquer les tenants et les aboutissants », a répondu Sall .
Enclin à « descendre » son adversaire politque, Macky Sall ajoute: « je ne comprends vraiment pas qu’on pose des questions sur ces choses qui, en plus, ont été faites publiquement. Et depuis des mois, nos experts, nos ministres travaillent dessus et les chefs d’Etat ont fait les arbitrages nécessaires. Ensemble, le président Ould Abd El Aziz et moi-même, avons assisté à la signature de l’accord qui, il faut le savoir, n’est pas encore entré en vigueur. On ne peut donc avoir des débats sur des non-sujets ».

 

Accord sur le gaz: Kosmos répond à Idrissa Seck, découvrez la répartition des parts !

 

Situé à 5 200 mètres de profondeur, ce champ gazier représente une manne économique importante pour les deux pays. La découverte de ce gisement avait été annoncée en janvier 2016 par le président Macky Sall à la suite des prospections de la société américaine Kosmos. D’ailleurs sur son site, le géant américain est revenu sur les termes de l’accord.
Kosmos a signé un mémorandum avec la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) et la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier, entérinant les principes d’une coopération intergouvernementale pour le développement du complexe Grand Tortue d’une surface de 1 200 km2. Coopération qui trouve ici son premier succès.
L’accord de coopération intergouvernemental est tissé sur les meilleures pratiques de l’industrie pour le développement des ressources transfrontalières, sur la base de l’accord Frigg de 1976 entre le Royaume-Uni et la Norvège.
L’accord entre la Mauritanie et le Sénégal prévoit le développement du champ Tortue grâce à l’unité transfrontalière, avec une répartition initiale de 50% à 50% des ressources et des revenus, et un mécanisme de futures re-déterminations d’équité basée sur la production réelle et d’autres données techniques.

 

Le Calame