Mauritanie : la presse privée menacée de disparition à cause des difficultés financières

ven, 01/12/2018 - 10:18

En Mauritanie, des journaux ne paraissent plus depuis près d’un mois, car le papier fait défaut à l’imprimerie nationale plongée dans une crise financière. Des chaînes de télévision n‘émettent plus à cause d’arriérés de redevance. De quoi placer ces organes de presse au bord d’une disparition. 

Les Mauritaniens ne lisent plus leurs journaux privés depuis le mois dernier. La faute à leur absence dans les kiosques. Une absence imputée aujourd’hui à une pénurie ou absence de papier au sein de l’imprimerie nationale.

Elle qui, en raison d’une crise financière, accuserait près de deux mois d’arriérés de salaire des employés et éprouverait des difficultés à importer le papier. Étant presque dans une position de monopole, la structure fait l’impression de la quasi-totalité des quotidiens, hebdomadaires et magazines du pays.

Conséquence, même les organes de presse étatiques qui, au début de la carence en octobre dernier paraissaient quand même, sont ces derniers temps absents dans les kiosques. Le cas des quotidiens Chaab diffusant en arabe et de Horizons en français.

Si les autorités semblent indifférentes à la situation, des acteurs du secteur s’inquiètent de la disette, car elle serait du pain béni pour le pouvoir. « Cette pénurie de papier provoque un manque à gagner.

L’imprimerie nationale dépend de l’Etat, il n’en faut pas beaucoup plus à certains pour soupçonner que le gouvernement de bâillonner ainsi la presse », explique Moussa Samba Sy, président du Regroupement de la presse mauritanienne (RPM), principal syndicat de la presse privée.

Quand l’argent fait défaut

Idem au niveau de la presse audiovisuelle où le silence s’explique par des problèmes de trésorerie. D’après des sources proches, plus de quatre chaînes de télévision privées n‘émettent plus à cause des arriérés de redevance audiovisuelle auprès de la Télédiffusion mauritanienne (TDM).

D’autres sources révèlent qu’en 2016, le pouvoir aurait interdit aux administrations publiques de placer leurs publicités dans des entreprises privées.

De là à imaginer les tracasseries des responsables à faire face au problème des salaires et aux autres charges liées au fonctionnement des structures. Cette situation pourrait également provoquer la faillite ou la fermeture de certains journaux ou chaînes de télévision. 

 

Par John Ndinga Ngoma

 

Africanews