L’opposition mauritanienne se cherche: L’opposition est piégée par Aziz, elle en devient l’otage. Quelle honte !

sam, 12/16/2017 - 17:00

Au sein de l’opposition, une très large frange ayant un esprit social-démocrate, une tête marxiste, des idéaux maoïstes ou intégristes des fondamentalistes musulmans et un cœur libéral. Alors un tel monstre est-il viable ? 

L’opposition mauritanienne se cherche, entre fusions et confusions. Elle fait face à des obstacles théoriques, programmatiques et organiques. C’est pourquoi son destin est problématique. Les hoquets de l’histoire font qu’elle a, en son sein, une très large frange ayant un esprit social-démocrate, une tête marxiste, des idéaux maoïstes ou intégristes des fondamentalistes musulmans et un cœur libéral.

Alors un tel monstre est-il viable ? L’opposition a-t-elle des références adossées sur des convictions fortes ? Sait-elle où elle va ? N’est-elle pas tombée dans le travers des béates certitudes ? En réalité, beaucoup de choses autorisent à affirmer trois choses : L’opposition est piégée, l’opposition est très gauche. L’opposition est piégée par Aziz, elle en devient l’otage.

C’est qu’Aziz s’est hissé au pouvoir en s’appuyant largement sur des idées développées par des partis de l’opposition. En guise d’apologie, des leaders manifestent le sentiment non de se renier, mais de s’adapter aux transformations incessantes du réel.

C’est pourquoi, les langages tenus par les leaders et autres militants de l’opposition sont équivoques, contradictoires et hétérogènes. Ainsi, dans sa quête de survie et d’existence, l’opposition tient des discours et appliquent des méthodes trop gauches. 

Les initiateurs du projet de rassemblement des forces de l’opposition souhaitent fédérer les partis qui s’en réclament sur la base d’une histoire commune et d’un passé épique. 

Mais ne devaient-ils pas rassembler sur la base non d’un passé, mais d’un commun avenir ayant pour socle un projet qui rassemble et soulève la nation ? Aujourd’hui, l’opposition risque de s’empêtrer dans l’intrigue de ses erreurs et d’être frappée de paralysie d’inefficacité en raison de l’exclusivisme dont elle fait preuve. 

C’est qu’être de l’opposition n’est pas une question de réajustement d’un aggiornamento idéologique. Malheureusement, les irréductibles convictions doctrinales créent un climat d’ambiguïté, de règlement de compte et de clivage qui pèse sur les capacités d’unification et d’action de l’opposition.

Une chose est sûre : l’écrasante majorité des partis se réclamant de l’opposition est composée de leaders et de responsables frappés d’inconstance et d’inconsistance. 

Lorsqu’une certaine opposition fait preuve d’indocilité en refusant l’intégration à l’ordre libéral, c’est une autre opposition qui la blâme ou la diabolise en raison des alliances politiques de circonstance. L’opposition ne risque-t-elle pas d’être sanctionnée par un discours excursionniste et un comportement peu unitaire ? 

Ne devrait-elle pas renouveler et adopter son discours aux nouvelles circonstances ? Il semble bien que pour qu’elle puisse retrouver sa personnalité, elle devrait s’aider à retrouver la voie des vraies valeurs de justice sociale, de tolérance, de solidarité et de d’unité. A défaut de devenir une montagne qui accouche d’une … fourmi. 

Ahmed Bezeid Ould Beyrouck

Chroniqueur politique 

PS

Je ne suis ni de l’opposition, ni de la majorité présidentielle. Je suis ailleurs. «À bon entendeur, salut».

Le Calame