FEUILLETON : « AZIZ AND COUSINS »

lun, 08/28/2017 - 10:30

  »Aziz and Cousins« . C’est le titre que l’on pourrait donner au feuilleton politico-mafyouzi, qui secoue notre pays depuis bientôt un An.

Pour donner un début et une raison à ce grand feuilleton on pourrait résumer en disant que Mohamed Ould Bouamatou, célèbre homme d’affaires et cousin du Général Aziz, avait décidé, en 2008, de faire de celui-ci, un Président élu de la Mauritanie. Ce qui s’est passé avant, était une affaire entre militaires dont seuls les militaires sont comptables.

Tout le pays est témoin de l’envergure de la campagne que Bouamatou a conçue, préparée, supervisée et financée, pour faire élire son cousin. Il ne s’est pas limité à le faire élire, il l’a fait  effectivement entrer dans le Club civilisé des grands de ce monde.

Passée la joie et l’éfforie des élections et des cérémonies d’honneur de l’investiture officielle, légalisant toutes les entorses que le parcours, au pas de charge, de la campagne a pu entrainés, Bouamatou, n’avait plus qu’à s’installer au quatrième étage du siège de sa Banque et à attendre le retour, bien mérité, de l’ascenseur.

Un ascenseur, que les caprices de la SOMELEC et probablement d’autres raisons, ont empêché de prendre le départ. Là s’arrête la partie publique et visible de la relation de ces deux cousins.

Les choses prirent alors des chemins étroits, et peut-être tortueux, où les témoins devenaient de moins en moins nombreux, exceptés quelques rares relations privilégiées. L’opinion publique, toujours aux aguets quand il s’agit de dénicher le moindre disfonctionnement dans la marche des rouages de l’Etat, apprit que Aziz a mis fin aux relation privilégiées que Bouamatou, croyait, à juste titre, avoir établies, pour longtemps, avec le Président dont il venait de doter la Mauritanie.

Pour méditer et peut-être envisager une solution, si non une revanche, Bouamatou reprit le chemin du Maroc, arrière-patrie commune des deux cousins, désormais ennemis.

Dans tout ce scénario, où la Mauritanie officielle est complètement absente, la guerre, d’abord larvée, puis ouverte, a commencé à déborder du cadre « familial » pour interpeller les amis, les parents, puis les autres moyens dont chacun des protagonistes peut disposer.Bouamatou en appelle à sa « famille naturelle »: le milieu du Business, le patronat, les avocats d’affaires, certains clients et fournisseurs d’antan et, jusque dans les rangs des chambres parlementaires.

La réaction du cousin-Président ne s’est pas faite attendre, mettant en œuvre les moyens dont ils disposent, c’est-à-dire ceux de l’Etat et de la République: la sureté, la justice, les renseignements et la police.

Cet usage de la puissance publique que certains peuvent considérer comme un abus de pouvoir, s’est limité, jusqu’à présent à « rendre la monnaie » au grand cousin Bouamatou et, par ricochet à d’autres cousins, ou alliés directs qui lui ont témoigné leur solidarité.

Jusqu’ici, le petit peuple et même la « petite opposition », peuvent « compter les points » dans les deux camps en espérant que cette affaire reste circonscrite dans son cadre, bien familial. Tous ceux, touchés par les « balles perdues » (on en a vu d’autres!) des enquêteurs, tels les journalistes, les Sénateurs Benijara et Mallouma, doivent se consoler, en imaginant que de telles balles auraient pu être… réelles…

Le feuilleton continue…

Ahmed Ould Mohamed

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