
Bakary Sambe, prévient que la pénurie de carburant orchestrée par les groupes djihadistes à Bamako pourrait rapidement affecter le Sénégal, principal partenaire économique et frontalier du Mali
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La grave pénurie de carburant qui frappe Bamako, capitale du Mali, ne se cantonne pas aux frontières maliennes : elle commence à inquiéter au Sénégal, alors que l’insécurité s’étend sur l’axe stratégique Dakar-Bamako. Invité de l’émission « Soir d’infos » le 23 octobre 2025 sur TFM, le chercheur Dr Bakary Sambe (Timbuktu Institute) a livré une analyse sans concession sur les répercussions de la crise malienne pour le voisin sénégalais.
Selon Dr Sambe, le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) cible délibérément le corridor routier reliant Dakar à Bamako, clé de voûte du commerce régional. Les attaques répétées et les blocus orchestrés visent à asphyxier l’économie malienne, entravant l’acheminement des produits pétroliers et provoquant une pénurie durable dans les stations de Bamako. Le Mali reste très dépendant du Sénégal : plus de 55 % des exportations sénégalaises vers l’Afrique sont destinées à ce pays enclavé.
Au-delà de l’aspect économique, l'invité de Sarah Cissé met en garde contre la « contagion » de la crise malienne, qui menace la sécurité des régions frontalières au Sénégal. Les djihadistes du JNIM déploient une stratégie de contrôle territorial, exploitant les tensions communautaires et instaurant une économie parallèle. Si le Mali fléchit sous le poids du blocus et de l’insécurité, le Sénégal pourrait voir ses propres frontières fragilisées et le corridor commercial vital compromis.
La junte malienne tente d’assurer la sécurité des corridors et de diversifier ses approvisionnements via le port d’Abidjan. Pourtant, Dr Sambe estime que ces efforts restent limités face à une crise qui s’inscrit dans la durée. Il plaide pour une coopération régionale beaucoup plus forte et pour un renforcement du renseignement sénégalais afin d’éviter une propagation du désordre.
Pour l’expert, la résolution durable de la crise passera forcément par un dialogue avec les groupes rebelles. Il recommande au Sénégal une vigilance accrue : sécurisation des frontières, protection du corridor Dakar-Bamako et anticipation des éventuelles menaces économiques ou sécuritaires.
Tfm














