Pourquoi la Corée du Nord déteste tant les Etats-Unis

jeu, 08/10/2017 - 02:51

CNN revient sur les bases du conflit en quelques lignes et une vidéo. Après la deuxième Guerre mondiale, la péninsule de Corée a été divisée en deux parties: l'Union Soviétique a occupé le Nord et les Etats-Unis d'Amérique le Sud. La plupart des historiens s'accordent à dire que le Nord a envahi le Sud le 25 juin 1950. Le Nord explique pourtant depuis toujours à ses citoyens que c'est l'Amérique qui a débuté la guerre de Corée. Un prétexte pour entretenir la haine... 

"Un massacre continu", "nous avons fini par brûler chaque ville" 
Le souvenir de la seconde Guerre mondiale n'était pas loin, les armées hésitaient à s'engager. Le conflit fut pourtant d'une violence sans égale. L'Amérique a répliqué comme jamais. "Nous sommes allés là-bas et nous avons fini par brûler chaque ville en Corée du Nord et certaines en Corée du Sud aussi", se rappelait Curtis LeMay, ancien commandant de la Force aérienne américaine, en 1988, lors d'un entretien pour un livre d'histoire. La guerre a pris fin le 27 juillet 1953.  

Le bilan fut terrible pour les initiateurs du conflit: 1,3 million de civils et de militaires ont péri en trois ans en Corée du Nord. La Corée du Sud a perdu jusqu'à 3 millions de civils et 225.000 militaires. Le général Douglas MacArthur, commandant en chef du Commandement des Nations Unies au début de la guerre, se rappellait devant le Congrès en 1951 d'une dévastation totale. Il parle d'un "massacre continu d'hommes coréens". "J'ai vu trop de sang et de désastre et ça continue à me retourner l'estomac." 

© ap. 
33.000 Américains sont morts dans la bataille et 600.000 militaires chinois ont péri également. Une fois la guerre terminée, les Nord Coréens se sont retrouvés au milieu d'un champ de ruines. La guerre était finie mais la rage n'a jamais quitté Kim II Sung, dirigeant de la Corée du Nord entre 1948 et 1994, année de sa mort. Il a transmis ses envies de vengeance à son fils Kim Jong Il et son petit-fils Kim Jong Un qui dirige actuellement le pays.  

L'outil qui justifie l'état d'urgence permanent 
CNN rappelle que ce conflit est considéré comme "la première campagne aérienne à grande échelle menée par l'US Air Force". La Corée continue à croire que la menace vient du ciel. "Le bombardement est traité comme le péché original américain dans la propagande du pays." Selon Robert E. Kelly, professeur de science politique dans une Université de Corée du Sud, "c'est devenu un outil politique pour justifier l'état d'urgence permanent".  

La Corée entretient avec passion sa haine viscérale de l'Amérique. Les enfants, dès la maternelle, sont confrontés à des images de guerre anti-US. Les médias publient régulièrement des images de l'armée américaine en feu. L'anniversaire du début de la guerre de Corée est désigné comme le jour de la lutte contre l'impérialisme américain. Kim Il Sung est vénéré dans tout le pays et les habitants de la Corée du Nord ne disposent d'aucune information en provenance du monde extérieur, ce qui entretient sa légende. 

Pour justifier les programmes nucléaires, le régime de Kim Jong Un rappelle que des dirigeants comme Mouammar Kadhafi en Lybie ont renoncé à leur recherche sur la question pour éviter les sanctions et ont finalement été tués. Il rappelle à ses citoyens que la défense est primordiale et que les dépenses monstrueuses qui y sont consacrées empêcheront une invasion américaine. 

© KCNA. 
L'arrivée de Donald Trump au pouvoir n'a fait qu'accentuer la colère des Coréens. Le 14 avril dernier, pour éviter que l'anniversaire de la mort de Kim Il Sung soit célébrée comme chaque année avec un tir de missile ou un essai nucléaire, Trump a envoyé un porte-avions et trois navires porte-missiles au large de la péninsule coréenne. Cette tentative d'intimidation a fait enrager Kim Jong Un qui dévoile depuis lors des plans de plus en plus terrifiants contre les Etats-Unis. Menaces, provocations, l'escalade est sans fin. Jusqu'à l'explosion? 
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