A l’entrée de Rosso, des « manifestations de la soif » contre les pénuries d’eau

lun, 07/24/2023 - 22:39

Plusieurs dizaines de familles des localités  PK 6,7 et 10  de Rosso  ont protesté contre la pénurie d'eau , ce lundi 24 juillet, sur la route reliant Rosso à Nouakchott.  

On les appelle les « manifestations de la soif » : à Rosso et ses environs des habitants protestent contre les coupures d’eau récurrentes et qui durent de longues semaines. 

Pour exprimer leur vive colère, ils ont érigé des barricades, brûlé des pneus et de la poubelle sur la route ce qui a bloqué le trafic routier durant de longues heures, a-t-on constaté.

Situation : des camions transportant des légumes, véhicules et minibus de transport ont été contraints de s’arrêter et les passagers restés longtemps sous un soleil de plomb et respirant les odeurs des pneus.

Ils ont scandé des slogans sur lesquels on pouvait lire : «  Vivre sans eau est un enfer ! ».  «  Nous sommes voisins à l’eau et nous avons soif ! ». « La situation est critique, c’est une souffrance quotidienne pour les habitants », s’indigne également un notable de la ville.

Les protestataires ont dénoncé le manque d’eau et l’absence de solutions de la part des autorités locales et des élus.  Selon les manifestants, le maire, les députés et les responsables avaient promis aux populations de la Rosso durant la campagne de résoudre définitivement le problème. « Et, du coup  nous avions voté massivement pour eux ». « Mais, c’était un slogan de campagne parce qu’aucun engagement ne s’est concrétisé », racontent-ils. 

Depuis le début de l’été, « des familles restent plusieurs jours et  nuits sans eau du robinet, d’autres n’y ont droit que quelques secondes par jour », affirme une mère de famille. « Et parfois l’eau du robinet est en plus imbuvable, alors, il y  a des gens qui achètent de l’eau potable vendue dans des bidons et ce pas n’importe qui peut en acheter », ajoute-t-elle.

Et d’autres habitants déclarent que leurs habitations sont cernées par les eaux des dernières pluies qui se sont abattues sur la ville et aucune intervention n'a été enregistrée de la part des autorités municipales.

Par Nourdine Fall