Billet Hebdo : Retenus pour motif de COVID

lun, 08/09/2021 - 14:30

 En ces jours de vacances annuelles, l'actualité nationale se rétrécie comme peau de chagrin. Un bon signe me diriez-vous car dans notre culture maure, le peu de nouvelles est un motif de satisfaction. Mais cela n'arrange pas l’analyste qui se peine à trouver un thème pour en faire un sujet de chronique. 

     Faut-il revenir sur la manifestation des pêcheurs traditionnels sénégalais de la ville de Saint-Louis dimanche dernier contre ce qu’ils ont appelé les obstacles posés par les activités du développement du champ gazier « la grande tortue-Ahmeyime », exploité par la société britannique British Petrolium (BP) ? En effet, l'évènement nous interpelle tous. Les uns parce qu'ils se sentent mis en cause, les autres, au contraire, parce qu’ils partagent les exigences et les mêmes préoccupations dont il est fait état. Nous sommes du nombre de ces deniers.    

     Il est clair que l'évènement, disposant d’antécédents déjà anciens, s’inscrit dans la pensée qui appelle à "un développement local alternatif", bâti sur les initiatives locales pour promouvoir l'emploi et soutenir les PME, et adoptant une position critique vis-à-vis du mode de développement capitaliste à l'africaine, dont les caractéristiques essentielles seraient de détruire l'environnement, l'exploitation à outrance des ressources naturelles de  l'Afrique par les Multinationales, et  le développement de la pauvreté et des inégalités sociales.

    Mais pour que cela ne soit pas en déphasage avec ce contexte de vacances, le plus sage serait de coller à une actualité plus récente et reporter ce sujet -déjà délicat et polémique à bien des égards- à une date ultérieure.

      Vous l'avez compris, nous visons le cas le plus proche de nous, qui est celui de la décision du gouvernement mauritanien que ses membres n’iront pas au mois d'Août en vacances, à cause de la situation sanitaire difficile du coronavirus dans le pays.

         Le gouvernement mauritanien a coutume d'aller en vacance pendant le mois d’août en deux vagues, 15 jours pour chacune d’elles. Je ne sais pas si ce départ collectif des ministres en congé au mois d'Août tient d'un raisonnement économique d'efficacité de l'action gouvernementale, ou un simple arrangement destiné à faire coïncider les vacances avec l'hivernage pour les rendre plus agréables. Si nous sommes dans le premier cas de figure, nous avons tout intérêt à aller à contre -courant de cette habitude, pour les raisons suivantes :

           -  L'efficacité de l'Administration est une condition nécessaire pour la dynamique économique de tous les secteurs. Or, rester fermé,  ou tourner la machine gouvernementale au ralenti durant un mois par l'absence de la majorité des ministres titulaires ne fera que perdre à nos secteurs économiques des opportunités commerciales avec l'étranger et perturber d'autant les relations d'affaires et de commandes de matériel de ces secteurs avec  ces ministères.

             -  Aussi, cette mesure de départ collectif des ministres ne rime pas avec l'assainissement voulu par le Gouvernement Mohamed Bilal Messoud de transformer l'Administration d'une gestion bureaucratique lourde et inefficace à une Administration réactive et pleinement régulatrice de la sphère économique et sociale.

           Mais si on renonce à cette règle de départ collectif des ministres en congé, que faut-il alors leur appliquer ? 

           A mon sens, il faut recourir au système d'étalement des congés du personnel en vigueur dans les entreprises. Mais comme j'ai été long, je laisse l'explication des modalités concrètes de ce système pour une autre occasion.                                          

                  Mohamed Ould Snih