Billet Hebdo : Les nuits en prison seront-elles bonnes conseillères à Aziz ?

lun, 07/05/2021 - 02:35

L'ex-président Aziz fait volte-face, après s'être farouchement attaché pendant longtemps à une immunité supposée garantie par la Constitution par ses avocats, dont certains l’ont lâché, finissant par remettre en question leurs certitudes. Un ou deux parmi eux s’accrochent encore farouchement à cette fausse et juridiquement paradoxale interprétation de l'article.93

      Aujourd'hui, ce client est à deux pas de la prison, et y sera dedans aujourd’hui (Dimanche) ou demain (Lundi), après les deux  semaines de confinement sanitaire, si l'on croit les juges du Pôle des magistrats en charge de l’instruction du dossier du prévenu. Et maintenant passés les moments d'euphorie et de louanges D'ALLAH pour l'amorce de la procédure tant attendue, la rue cède la place aux questions et laisse libre cours aux scénarios prévisibles.

           - L'ancien président, fera-t-il son propre mea-culpa et collaborera-t-il convenablement avec la justice jusqu'aux dernières phases de l'instruction ?

           Là où les conseils des amis ont échoué, les conseils portés par les nuits de la prison seront-ils entendus de bonnes oreilles, et l’orienteront-ils à faire comme ses anciens pairs, le français Sarkozy et le Sud- africain Jacob Zuma qui ont reconnu les faits reprochés et croupissent actuellement (mais pour peu de temps) dans les prisons de leurs pays respectifs ?

         Bien que les accusations pesant sur lui soient infiniment plus lourdes, le temps de prison qu’il doit mériter devrait être beaucoup plus long. Mais à mon sens, s'il brise de lui même le silence sur l'origine de sa colossale fortune pour permettre aux uns et aux autres de  faire la part des choses entre ce qui lui revient de droit et ce qui a été amassé de manière indécente et suspecte, il pourra ne pas endurer si longtemps cette prison, car enfin de compte, la sincérité et la collaboration franche valent en matière de justice. 

        Rappelons au passage que la fortune entassée par Aziz durant ces courtes années dépasse  tout entendement.   Les procès-verbaux de la Commission parlementaire d’enquête sur ses biens estime à 21 Milliards d'anciennes ouguiyas les valeurs immobilières appartenant à lui en personne. Si on y ajoute les montants des devises en comptes connus ou encore cachés dans les paradis fiscaux et la somme fabuleuse - à en croire les révélations fournies par des câbles diplomatiques libyens  - reçue en échange de Senoussi (qu’il parrainait en ces moments le refuge en Mauritanie), le chiffre serait ahurissant pour nous autres mauritaniens lamda.

           -   Le deuxième scénario est que son incarcération ne serait qu’une manœuvre de gain de temps, savamment orchestrée. Son ami de longue date (actuel Chef de l’Etat) ne lui retournera pas le dot et ira jusqu’au bout du plan à la Poutine  -Medvedev, concocté à deux à l’échec de la tentative du troisième mandat présidentiel, et dont les autres ignorent superbement de quoi il serait fait, sauf que l’épisode de fin serait la remise du flambeau à l’homme constitutionnellement déchu.

    C’en est troublant,  nous dit certains. Le pays s’attend à un sort dramatique, si un tel plan aboutisse et fait revenir Aziz au pouvoir.

               -   Le  troisième scénario est celui défendu par le Parti au pouvoir, qui ne doutait pas de la sincérité du Président actuel de tenir promesse de son projet de société de long terme pour la Mauritanie. Seulement, toute action de développement requiert un climat de sécurité et de quiétude, qui manquait à la Mauritanie, perturbée par l’entrée forcée de l’ex-président dans l’arène politique.

    Nous y reviendrons

 (Affaire à suivre)

                         Mohamed Ould Snih